Contes des particuliers

18 janv. 2018


Contes des particuliers de Ransom Riggs
Titre original : Tales of the Peculiar - Illustrations d'Andrew Davidson
Traduit par Sidonie Van Den Dries
Éditions Le Livre de Poche, 2018 - 224 pages - 7,50€
Saga Miss Peregrine et les enfants particuliers : tome 1 - tome 2 - tome 3


Les particuliers ont  existé bien avant Miss Peregrine. Transmis de génération en génération depuis la nuit des temps, ce recueil regroupe différentes histoires inquiétantes et envoûtantes de particuliers. Ces contes ont été compilés et annotés par Millard Nullings, le garçon invisible, l'un des enfants particuliers de Miss Peregrine.
  
Un recueil incontournable pour mieux connaître le monde fantastique des particuliers, avec ses boucles temporelles secrètes et ses personnages fascinants.


✖ : Les interventions de Millard restent assez discrètes.

 : La couverture et les illustrations à l’intérieur.
Un bon complément à l'univers, pour les fans et futurs fans de la saga.
Un régal de retrouver cet univers, sombre, étrange, particulier.


Merci aux éditions Hachette et Le Livre de Poche pour cet envoi. Contes des particuliers est un recueil de contes (vous l'aviez sans doute compris), lié à l'univers de la saga Miss Peregrine. Ma lecture du premier tome remonte déjà à 2014. J'avais adoré le concept d'écrire une histoire fantastique inspirée de photographies étranges, pour les relier entre elles.

À l'instar des Contes de Beedle le Barde - qui auront guidé Harry, Ron et Hermione quand ils en ont eu besoin -, les Contes des particuliers ont aidé Millard, Miss Peregrine, Jacob, etc. Ne faisant pas partie des anormaux (Quoique, pendant mon sommeil, il est possible que je me mette à flotter sans m'en rendre compte... On ne sait jamais.) et bravant les recommandations de l'éditeur, je me suis plongée dans la lecture de ces contes réunit par Millard. La seule petite déception étant que ses annotations ne sont finalement pas très nombreuses. Je pensais qu'il interviendrait bien plus.

Quelques clins d’œil sont faits aux contes de notre enfance et certaines histoires sont même liées à des faits historiques. Des récits où les particuliers tiennent forcément une place de choix. Avec, parfois, des princes et des princesses, des paysans, etc. Sans oublier des mises en garde, des morales, pour aider et conseiller les enfants particuliers. Et, même, des Et ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps, à la fin, qui peuvent réserver leur lot de surprises...

À lire avant la trilogie, pour découvrir l'univers. Ou entre n'importe quel tome. Bref, vous n'avez aucune excuse pour ne pas le lire. Ce recueil compte dix contes, dont Les splendides cannibales, La première Ombrune, Les pigeons de Saint-Paul et La fille qui apprivoisait les cauchemars ont été mes préférés. Un vrai plaisir de retrouver cet univers !

Note bene : pensez à lire ce qu'il y a écrit, en petit, sur la page à côté de la dédicace à Peregrine Faucon ;)


En quelques mots...
Contes | Les particuliers | Millard | Annotations | Morales

Quand vient la vague

16 janv. 2018



Parfois, il est nécessaire
de commettre l'irréparable
pour pouvoir continuer à vivre...


Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout... Quelques mois plus tard, Clément, son frère, se met à sa recherche.

De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces « vagues » qui l’ont submergée, l’obligeant à disparaître...


• • • • •
Quand vient la vague de Manon Fargetton & Jean-Christophe Tixier
Éditions Rageot, 2018 - 288 pages - 15,90€



✖ : Certains points, concernant les parents.

 : Un roman écrit par Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier !
Un récit contemporain et humain, rempli d'émotions et de questionnements.
L’alternance des points de vue entre Nina et Clément.


Merci aux éditions Rageot pour cet envoi. L'autrice des excellents Le livre de toutes les réponses sauf une et Le suivant sur la liste, qui écrit avec l'auteur du très bon roman dystopique (alors que je ne suis pas fan du genre) Demain il sera trop tard ? Il n'y avait aucun doute, Quand vient la vague, qualifiait de roman coup-de-poing, allait me plaire !
"Aujourd'hui, j'ai dix-sept ans, et je ne sais pas encore si ma vie s'arrête, ou bien si tout commence. 
Peut-être les deux à la fois ?" - Nina
Ils signent ici un roman contemporain et humain, à la justesse incroyable, sur les émotions de l'adolescence, sur la quête de soi et des autres, où la fragilité côtoie la colère, l'incompréhension, la rage et la peur d'avancer. Des sujets plus ou moins communs sont évoqués, ce qui n'enlève rien à leur importance à tous. Et, surtout pas aux réactions de Nina, puis à celles de Clément. Tellement différents, tellement compréhensibles. Ces deux personnages sont attachants et touchants.  Ils ont leur caractère, leurs défauts, leur manière de voir les choses. Il est intéressant d'avoir une alternance de point de vue entre les deux. Une alternance qui nous fait également faire un bon dans le temps. Nous suivons Clément, dix mois après la disparition de sa sœur. Après une discussion avec un de ses amis, il se rend compte qu'il n'a pas entrepris grand chose pour la retrouver, pour savoir ce qui lui était arrivé. Cette prise de conscience est comme un coup de fouet. Tandis que les chapitres concernant Nina nous la montre avant qu'elle ne parte. Ainsi, nous avons un aperçu de quelques moments en famille, des projets faits pour l'avenir, etc. Nous avançons à leur côté et découvrons les raisons de Nina pour être partie. Quel a été l’élément déclencheur, quelles ont été ces vagues qui l'ont submergée...
"Il a toujours considéré Nina comme quelqu'un de solide. Boudeuse, agaçante, secrète sous son apparence sociable, mais capable de s'extirper de n'importe quelle situation, et aussi de l'en sortir si besoin. Une grande sœur, quoi. Alors pourquoi chercher midi à quatorze heures ? Elle allait forcément revenir, et elle offrirait à leurs parents une explication si cohérente qu'ils ne pourraient pas lui en vouloir." - Clément
Sans pour autant ressentir un manque, j'aurais aimé que les auteurs s'attardent davantage sur certains points, le rapport aux parents par exemple. Malgré cela, je comprends bien que ce sont Nina et Clément les personnages principaux et que l'accent est donc mis sur eux et leurs ressentis. Quant aux autres personnages, deux sortent particulièrement du lot.

Quand vient la vague est un récit moderne, où la vie de famille à son importance. Un récit fait de rencontres et de confidences. Pour essayer de comprendre comment fonctionne le monde, comment gérer ce qui nous touche, nous révolte. Une histoire et des personnages qui ont réussi à m'émouvoir, me remuer, m'indigner et me faire rire, aussi. On tourne les dernières pages vidé par toutes ces émotions ressentis, avec un pincement au cœur de les quitter.


En quelques mots...
Bordeaux | Famille | Partir | Rechercher | Sœur-Frère | Choix

Les chroniques de Dani Mega O'Malley, tome 2 : Burned

14 janv. 2018


Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu
le tome précédent et la saga Fièvre.


« Ce soir, j’ai peut-être vaincu l’un des pires Unseelies de tous les temps, mais le silence et la désolation qui règnent dans ce qui était autrefois le cœur de Temple Bar me donnent le cafard. Je veux retrouver mon Dublin. Je veux que cette foutue glace disparaisse.

Alors que je viens de faire halte, maussade, l’extrémité d’un objet dur et pointu se pose soudain dans mon dos.

– Lâche ton épée, Dani, dit Mac derrière moi. »






• • • • •
Les chroniques de Dani Mega O'Malley, tome 2 : Burned de Karen Marie Moning
Titre original : A Dani O' Malley Novel, Burned - Traduit par Cécile Desthuilliers
Editions J'ai Lu (Darklight), 2016 - 542 pages - 13,90€
Fait partie de la saga Les chroniques de Dani Mega O'Malley : tome 1


✖ : Certains personnages sont trop mis de côté.

 : En apprendre davantage sur certains personnages.
Certaines décisions de l'autrice sont frustrantes, mais intéressantes !
Le répertoire des Personnages, Lieux et Objets, présent à la fin.


Les chroniques de Dani Mega O'Malley et celles de MacKayla Lane sont des sagas qui me plaisent beaucoup. J'en lis très peu dans le genre, mais ça n'enlève rien à la qualité de l'univers proposé par l'autrice. Même si, une bonne douche froide serait parfois très utile à la plupart des personnages, Karen Marie Moning arrive encore parfaitement bien à nous surprendre, à nous livrer quelques révélations croustillantes et à nous embarquer dans une intrigue intéressante.
"J'aime ma sœur. J'aimais Dani.
Il y a des choses que nos tripes distillent jusqu'à leur essence, malgré tous nos efforts pour intégrer les notions de compassion, de pardon ou de compréhension. 
L'une d'elles a tué l'autre. 
Et mon cœur est empli de violence." - Mac
Les Seelies et les Unseelies, les humains, les Neuf, les sidhe-seers et d'autres cohabitent dans un Dublin qui se remet doucement, mais difficilement. Sans grande surprise, Ryodan et Barrons essaient de prendre les choses en main, que cela plaise ou non. L'histoire reste parfois très calme, prenant surtout de l'ampleur avec les deuxième et troisième parties, qui apportent son lot de révélations et d'action. Cependant, même quand le rythme ralentit, nous en apprenons plus sur certains personnages encore bien mystérieux, ce qui est plutôt pas mal. De plus, nous effleurons (tout est dans ce mot) les conséquences de ce qu'a fait le Roi du Givre Blanc, ce que deviennent Cruce et l'Abbaye, etc. Concernant Dani, c'est compliqué... Disons que je comprends celles et ceux qui n'ont pas aimé la manière dont ça évolue, mais je trouve les choix de l'autrice intéressants. Ne pouvant en dire plus sur la situation sans vous en dire trop, je dirais simplement que Mac reprend les commandes. Ce qui, du coup, est autant plaisant que décevant (et frustrant pour certains points)... La saga est tout de même au nom de Dani, après tout. Mac fait de son mieux pour garder le contrôle, ne pas se laisser dominer par le Sinsar dubh. Elle doit en plus gérer les Unseelies qui ne la lâche pas d'une semelle...

Un plus intéressant de ce tome ? L'autrice a eu la bonne idée de nous livrer le répertoire des Personnages, Lieux et Objets. Avec un univers aussi riche et des personnages aussi nombreux et complexes, il est utile d'avoir accès à une récap si notre mémoire nous joue des tours. En conclusion, du bons et quelques frustrations, un nouveau chouchou (j'avoue, je craque un peu pour Lor...) et un personnage qui revient sur le devant de la scène. Bref, même si je continue à adorer cette saga et cet univers, j'espère que, par la suite, l'autrice saura trouver un juste milieu entre tous les personnages. Dani, Ryodan, Mac, Barrons, Kat, etc. Les suivre tous, sans que certains soient complètement mis de côté.


En quelques mots...
Dublin | Dani | MacKayla | Faës | les Neuf | Sinsar dubh

L'Ombre du Golem

12 janv. 2018



« J'avais assez de souvenirs et de questions et l'envie grandissante de retourner voir ce fameux Golem, cette créature incroyable, invention du plus grand génie de Prague. »

• • • • •
L'Ombre du Golem de Éliette Abécassis
Illustré par Benjamin Lacombe
Éditions Flammarion, 2017 - 180 pages - 25€



✖ : /

 : Suivre le récit à travers les confidences de Zelmira.
Ce mélange d'émotions, de sciences, d'Histoire, de légende, etc.
Le juste équilibre entre le texte et les illustrations.



Cet ouvrage me tentait depuis sa sortie, principalement pour son sujet et son illustrateur. Finalement, ce fut également une belle découverte concernant l'autrice. Le mythe du Golem me fascine et en savoir plus dessus m'a intéressé.
"Tout a commencé par une étrange nuit. Cette nuit-là, je m'en souviendrai toujours. Comment l'oublier ? À partir de ce jour, ma vie ne fut plus jamais la même."
L'Ombre du Golem est très bel album, avec un juste équilibre du texte et des illustrations. Zelmira nous entraîne avec elle dans les rues de Prague entre le quartier des alchimistes et la maison du Maharal. Alors qu'elle cherche cet homme, dont les étranges pouvoirs la fascinent, la jeune fille est témoin d'une énième attaque perpétrée contre les juifs par les soldats de l'Empereur. Le conseiller de ce dernier, le moine Thadée, - voulant autant se débarrasser des juifs, que des alchimistes et du rabbin - n'hésite pas à envoyer leurs hommes tout détruire. Le Maharal créé alors une arme pour les protéger ; le Golem. Être fabriqué à partir de la terre, du feu, de l'eau et de l'air. Zelmira se questionne sur ce qui arrive et sur ce que peu faire le Golem. Assise sur le banc, à côté de lui, elle essaie de faire connaissance, de le comprendre. Le récit est à la fois touchant, poignant, instructif et fantastique. Et, bien entendu, les illustrations de Benjamin Lacombe colle parfaitement bien avec cette ambiance. De plus, j'aime quand l'histoire rencontre l'Histoire. Ainsi, à travers ce mythe et les confidences de Zelmira, des noms et faits connus sont évoqués. L'Empereur Rodolphe II et son cabinet de curiosités, l’alchimiste Edward Kelley, le savant Tycho Brahe, etc. Le lexique et les repères chronologiques, à la fin, nous permettent également de compléter un peu nos connaissances.


En quelques mots...
XVIe siècle | Prague | Alchimiste | Juif | Maharal | Golem